J’ignore si les idées émises sur ce forum sont destinées réellement à enrichir le débat ou si elles ne sont qu’une illusion donnée au peuple de participer mais, face au silence concernant le rôle de la conservation dans l’arrêt de l’extinction des espèces, je suis poussé à réagir.
Dans les commissions je n’ai pas su voir un seul représentant des associations ou des conservatoires qui militent en faveur de la conservation des espèces sauvages, des races, des variétés et d’ailleurs on en parle jamais dans les médias. Le sauvetage de la biodiversité, ce n’est pas seulement le volet de la protection, c’est aussi multiplier les initiatives et les compétences des hommes qui travaillent à la conservation. La protection agit par des lois souvent inefficaces sur les conditions in situ parce qu’il est impossible de les appliquer (notamment dans les pays du Tiers Monde) alors que la conservation agit ex situ par la culture et l’élevage des espèces en réel danger de disparition. C’est pas l’élevage qu’ont été sauvé de l’extinction le condor de Californie, la bernache d’Hawaï, le pin Wollemia et qu’ont été réintroduites moultes espèces dans leur milieu naturel.
Pourquoi ne pas appliquer ce magnifique exemple australien de la diffusion mondiale du pin Wollemia au reste de la faune et de la flore que l’on n’empêchera pas de disparaître malgré la protection ? En effet comment éradiquer sur le terrain toutes les causes de la disparition que nous avons nous-même créés ? Qui est capable de sensibiliser à la protection des espèces plus de la moitié des hommes qui meurent de faim (ou presque) dans le monde ? En revanche l’élevage et la culture permettent de contourner les obstacles. Dans de nombreuses îles du Pacifique (dont plusieurs françaises), les rats et les chats sont responsables de la disparition de nombreux oiseaux dont beaucoup se reproduisent très bien en captivité et pourtant, sous les pressions d’associations bornées, on préfère les laisser s’éteindre et pleurer !
Avec son fantastique battage médiatique, l’Australie a non seulement protégé la station du pin Wollemia mais en plus, elle a fait rentrer un grand nombre de devises pour financer sa propre protection. Point n’est besoin de piller la station à des fins lucratives, la planète a été innondé de jeunes plants issus de la culture in vitro. A l’inverse, interdire l’élevage ou la culture de telle ou telle espèce sous couvert de sa protection, produit forcément le contraire parce que les prix flambent et attirent de plus en plus de convoitises. Organisons plutôt que de tout interdire et on fera d’une pierre deux coups, sans injustice.
Regardons l’exemple de la fondation du Loro Parque aux Canaries qui élève toutes les espèces de perroquets afin de faire baisser le prix des oiseaux. Et ça marche car pour les braconniers, la capture n’a plus d’intérêt parce que de toute façon la demande est limitée. Dommage que le Loro Parque soit le seul au monde à pratiquer de la sorte et surtout dommage que ce ne soit qu’avec des perroquets. Le marché du traffic d’animaux ou des plantes n’est juteux que parce que c’est interdit mais si on favorisait l’élevage et la culture, les prélèvements sauvages cesseraient d’eux-mêmes. Il y a en Europe un vrai savoir faire et de vraies compétences dans ces domaines sans parler des infrastructures existantes et pourtant on persiste dans une seule direction. Quel gachis et que de regrets futurs car une fois éteinte, l’espèce l’est pour toujours. Réagissons sans préjugés, pour le bien de la biodiversité et que toutes les idées aient leur place dans ce débat. Soyons enfin efficaces dans nos actions contre ces disparitions innexorables et sans surprise.
Je demande alors à tous les décideurs et d’abord aux membres de cette commission de s’ouvrir à ces propositions parce qu’il est impossible de discourir sur le sauvetage de la biodiversité sans utiliser tous les outils. C’est bien beau de chercher à régler les causes générales globales et universelles (pollutions agricole, déforestation, réchauffement, etc.) mais c’est du long terme. En parallèle, sauvons une à une, dans un véritable travail de fourmi, les espèces qui peuvent l’être par la conservation, ce sera toujours ça de pris et en plus c’est capable de s’auto-financer ! Voilà pourquoi j’envisage le sauvetage des colombes menacées d’extinction selon le système du Loro Parque mais combien cela serait plus efficace si c’était une initiative officielle !